Des nouvelles de Frédéric Soyez


Amorcée en 2009 avec l’équipe du Lille MHC , Frédéric Soyez a ensuite mené sa carrière d’entraîneur avec l’équipe de France en 2011,  pour être nommé à la tête  de l’équipe d’Espagne en août 2014.

Bien que résident à Barcelone, Frédéric suit toujours attentivement le hockey français. Hockey News est allé à sa rencontre.

HN: l’Espagne est qualifiée pour les Jeux Olympiques. La préparation est lancée  ?

FS: en février nous avons eu un mois de stage dont 15 jours en Afrique du Sud avec 5 match et un stage de 10 jours à Valence. Cela était  nécessaire, car nous avons des difficultés pour rassembler nos internationaux dont une partie évolue aux Pays Bas et en Belgique.

HN: pas d’autres rassemblements avant les fins de championnat?

FS: Pour éviter les déplacements des joueurs et optimiser la préparation,  nous avons mis en place une organisation basée sur 3 pôles: Madrid, Barcelone et Bruxelles. Ces pôles rassemblent entre 8 et 10 joueurs. En complément des entraînements clubs, les joueurs se retrouvent 2 fois par semaine pour des entraînements collectifs et suivent un programme personnel avec 2 séances individualisées. Avec mes 2 adjoints, nous tournons chaque semaine sur ces différents groupes.

HN: le niveau de l’équipe d’Espagne?

FS: l’équipe progresse. Il y a eu un changement de génération il y a 2 ans. Le groupe est constitué pour moitié de  jeunes et pour moitié de plus anciens. Notre système de jeu évolue aussi , il est plus basé sur le collectif, alors qu’à Londres ou Pékin des individualités permettaient de faire la différence.

HN: le hockey en Espagne?

FS: 4  clubs dominent le championnat, un peu à l’image de la France: Polo, Egara, Terrassa et Club de Campo. Environs 15000 licenciés qui sont concentrés pour l’essentiel sur Barcelone et Madrid. Quelques clubs importants  avec plus de 800 membres mais peu de petits clubs.

HN: les différences qui te marquent par rapport au hockey français?

FS: l’un des objectifs essentiels de la Fédération espagnole est celui du développement des clubs. L’objectif est sans doute plus facile à atteindre puisque les clubs sont déjà structurés avec une organisation professionnelle , directeur sportif, directeurs de filières, entraîneurs professionnels. Tous les niveaux d’encadrement sont en général professionnalisés. L’accent est mis sur la formation des entraîneurs, avec des programmes coordonnés de formation et d’information. Les programmes de formation internationaux sont aussi suivis. 3 entraîneurs espagnols sont  inscrits au coaching Course qui seront dispensés par la FIH à Londres cet été. On peut vivre du hockey en Espagne, en France l’argent semble toujours un sujet tabou dans le monde du hockey.

HN: les clubs français?

FS: seul le Lille MHC et dans une moindre mesure Saint Germain ont véritablement mis en place une structure d’entrainement professionnalisée. Les résultats parlent d’eux même. Je suis toujours les championnats français. J’ai encore mes informateurs privilégiés…  Le  hockey français prend du retard. Les bases techniques, la préparation changent partout dans le monde, cela ne semble pas être le cas en France. Quand j’ai pris les rênes de l’équipe de France, des joueurs ne connaissaient pas la préparation physique en club. J’ai l’impression que c’est encore le cas aujourd’hui. Former les joueurs pour le haut niveau commence par un travail dans les clubs.

HN: tu as du suivre le débat concernant l’équipe de France en salle ?

FS: (politiquement correct) la salle est complémentaire du gazon. Elle peut aider et constituer une bonne base de préparation.

HN: les joueurs français?

FS: Les jeunes français manquent aujourd’hui de compétitivité. Cela est sans doute lié pour partie à la formation et à un manque de compétition pour accéder aux championnats Elite. Ceci étant, tout n’est pas perdu puisque des Huguo Genestet,  Victor Charlet, Viktor Lockwood ou Guillaume Deront réussissent en Belgique et peuvent constituer une bonne base pour l’équipe de France.

Merci Frédéric

 

 

 

 

Soyez le premier à commenter

Répondre